Destins étranges en Terre du Milieu


Jeu de Rôle en Terre du Milieu
 
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 l'odeur du sang...

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Khior
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MessageSujet: l'odeur du sang...   Mar 11 Sep 2007 - 12:12

Enfin, cette folie s’arrêtait.
Je ne réalisais pas encore ce qui venait de se terminer dans un grand fracas de métal et de cris. Cet affrontement, un massacre devrais-je dire, avait fini par jeter un lourd et lugubre silence, dramatique, étouffant et nauséabond sur ce champ de bataille. J’étais vidé, assommé par cette tension au combat, je restais là abattu, au milieu de ce marécage de chaires taillées, broyées et fumantes dans ce bouillon de sang mêlé et puant. Je n’entendais plus, ne voyais que cette odieuse couleur pourpre, gluante des bras en charpie, des troncs démembrés, des casques parfois vides et écrasés entre les rochers.
Je ne bougeais plus et soudain j’eu envi de chaleur, de la douceur du sable chaud des dunes de Manaka, d’Essoukh ou bien encore d’Agual Hoc, d’y plonger mes doigts meurtries, revoir ce soleil blanc et brûlant. Ce bourreau me semblait maintenant un ami perdu. Mon père se serait approché de moi et calmement aurait posé sa main sur mon épaule et j’aurais senti sa douce chaleur envahir mon grand corps malade. Nous aurions, ensemble regardé silencieusement la fin du jour sur les dunes. Je me serais retourné pour lui sourire et reprendre espoir, mais je me retournai et personne ne me soutenais. Pourtant, un bref instant j’avais eu cette agréable sensation d’être épaulé, et cette chaleur semblait m’encourager. Maintenant un courant d’air glacial, chargé des premières odeurs de mort, me tira de cette torpeur.
J’aperçus furtivement sa cape volant majestueusement et l’éclat de son bleu azur, un halo lumineux flottant en une traine merveilleuse. Mais son pas léger et volant ne retenait l’attention de personne alentour. Cette main sur mon épaule avait dû être la sienne !!! Je ne savais que penser d’Abdelbatine, j’avais souvent souhaité son aide alors que je voyais ma fin proche, mais à aucun moment je ne m’étais senti perdu, était-ce lui ? De combats en blessures parfois mortelles, souvent au bord du désespoir, j’avais eu cette énergie, ce pouvoir d’aider mes compagnons pour une victoire pourtant incertaine. Etait-ce lui encore ?
Etait-ce lui qui venait m’aider ou bien moi et mon imagination qui le réclamions au point de le voir sur ce champs de mort. Je me sentais attiré par cet homme depuis notre première rencontre à Tharbad. Je sentais un lien, peut-être aussi avais-je besoin de croire en un lien, peut-être avais-je besoin de me rattacher à quelqu’un, sur cette terre où je m’étais exilé en quête de mon histoire. J’avais quitté ma famille pour mes origines. Il m’en manquait un part et je n’avais pas poursuivi et, resté seul sur ces terres étrangères et ravagées, je ressentais le besoin d’une aide beaucoup plus proche et surtout davantage paternelle que celle, infiniment louable et remarquable de mes compagnons. Nous nous étions soutenus pendant les plus graves heures de notre existence, me semblait-il, malgré cela, je ne percevais pas encore les limites de cette amitié au-delà de nos aventures. Je n’avais pu, à aucun moment encore, me confier sur cette quête personnelle qui m’avait fait quitter ce pays de poussière brulante. Je n’avais pu que tout enfouir en moi et supporter tant que possible les doutes qui me taraudaient, la peur de découvrir le monde de ma mère et ses dangers, l’angoisse d’avoir laissé derrière moi cette fausse tribu composée d’un vieil homme et de quelques vielles femmes saccagées par leur société, aux mains de quelques pillards. La tension de nos aventures m’avait permis de tenir, et maintenant que la victoire sur ce mal abject était entre nos mains, cette tension se relâchait et mes démons revenaient. Je comprenais immédiatement que j’avais besoin de son aide, de son soutient, mais pour le moment j’étais abattu. J’avais envi de pleurer.
De quoi avais-je besoin, de sa part, qu’il me tienne la mains, que l’on parle et reparle de ce mal, de ce qu’il avait été, de son influence et de ce qu’il en restait ? Je crois que c’est d’abord ce qui m’était arrivé qui me mettait maintenant dans cet état. J’avais quitté le désert comme un caravanier pour une quête personnelle, pour, en réalité, découvrir des pouvoirs au-delà de la conscience humaine et m’engager dans une aventure qui ne me rapportait rien. J’y avais donné mon sang sans le moindre regret et sans hésitation, et malgré notre réussite, je n’avais pas l’esprit heureux et soulagé. Mon cerveau me tuerait, pensais-je soudainement. Les meurtrissures physiques n’étaient plus rien après cette multitude de combats passés. Je m’étais rendu compte des capacités impressionnantes du corps, de cet organisme si petit dans la tourmente. J’avais plutôt appris à comprendre mon instinct et à essayer de contrôler son influence, évaluant au mieux bien sur, et rapidement, jusqu’où je pouvais aller, dans quel état j’allais en ressortir. Mais je ne ressentais aucune peur, aucune appréhension pour ces engagements. Mon esprit me faisait peur et d’autant plus au fur et à mesure que ces expériences se succédaient. J’avais fait trembler la roche des nains. J’étais entré, grâce à elle certainement, dans l’esprit d’une elfe plusieurs fois millénaire. L’esprit d’un animal féroce avait, à plusieurs reprises, surgit de mon cerveau. Et je commençais juste à contrôler quelques actions et à encaisser quelques un des effets de ces actions. Mais ce qui me rongeait, c’était le pourquoi de ces pouvoirs, pourquoi moi et dans quels buts. Je savais, maintenant, que j’étais capable d’autres choses que de simples coups d’épée, je me sentais par ailleurs assez d’ouverture d’esprit pour ne pas envisager de limites et en avoir peur. Je me souviens, à chaque fois qu’un doute me surprend, d’un exercice que je faisais étant jeune. Assis sur une dune, la plus haute à l’horizon, face au soleil couchant, j’essayais de m’observer. Je m’étais autant que j’avais pu le faire, familiarisé avec mon physique, mon apparence, en observant les différentes parties de mon corps, ce qu’elles étaient, ce qu’elles représentaient dans l’espace, pourquoi ces formes et ces couleurs et pourquoi différentes des autres… J’étais adolescent et mes différences physiques étaient déjà bien visibles, les explications de cette famille que j’avais admis adoptive, ne me suffisaient pas. Je tentais de m’observer, comme si mon esprit me surveillait, de haut, volant au dessus de ma tête. J’avais observé de la même façon mon père et mes mères, et dans la mesure du possible les tribus rencontrées, et essayais, chaque jour, de quelques minutes à un peu plus d’une heure, d’entretenir mes souvenirs, de m’obliger à me rappeler chaque détail, aussi insignifiant soit-il, de chaque journée passée sous ce soleil brûlant. Entre essayer de le faire et y réussir, bien sur il y avait un gouffre dans mon cas que j’avais toujours eu du mal à combler. Mais je m’étais rendu compte que ces exercices quotidiens influaient sur mon subconscient en s’immisçant dans mon sommeil. Je rêvais souvent de scène dans lesquelles je volais au dessus de groupes de gens, essentiellement des caravanes, je les observais tracer leur route entre les dunes, j’avais une vision plus étendu de ce que représentait le désert et ses dunes de sables, mais en contrepartie, ma curiosité me poussait à aller voir ce qui se passait au-delà de ces dunes. Mes connaissances, limitées à l’époque, m’aidaient à détailler ces scènes et de cette façon, je n’avais aucune peur de découvrir d’autres paysages, rarement une angoisse particulière ne me serrait le cœur en terre étrangère. Je ne pouvais être que curieux de ce qui se trouvait après, mais sans une connaissance particulière, je ne pouvais qu’imaginer. Lorsque je découvris la cité de Umbar, j’envisageais les limites de ce désert d’une autre façon, vers l’ouest. Depuis que j’avais osé qui les contrées de mon enfance, toutes mes découvertes avaient élargi ma perception du monde que nous habitions. Ces exercices, parfois je m’en rendais compte m’obsédaient à un point tel qu’au sortir de mes rêves, l’esprit encore embrumé, j’appréhendais les découvertes de la journée et parfois de celles à venir comme si un temps avant je les avais vécues.
Cet état d’esprit avait été si nouveau et si soudain que j’avais besoin, maintenant que les combats les plus importants de notre aventure étaient passés, de comprendre auprès de quelqu’un et Abdelbatine me semblait naturellement le plus à même de m’aider.
Je ne voulais aucunement entrer dans les histoires politiques de ces territoires, mais je m’étais engager auprès de ces aventuriers qui étaient devenus de vrais amis et je ne me sentais pas capable de les abandonner et de les quitter tout simplement. Peut-être prendre un peu le large pour remettre un peu les pieds sur cette terre dévastée et aider autant que possible à la faire revivre, mais il m’était impossible d’envisager une autre vie, pour le moment, qu’auprès d’eux.
Devant ces morts, cette idée me regonflait le cœur d’un espoir nouveau et, retrouvant un peu de lucidité, je me dirigeais vers eux. Espérant tous les retrouver, avec la brève envie de les serrer tous dans mes bras. Arrivant à leur hauteur, j’étais simplement heureux de tous les retrouver.

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MessageSujet: Re: l'odeur du sang...   Mer 12 Sep 2007 - 17:11

Eggour s'était absenté un long moment. Sans doute, un de ces moments de solitude absolue face à soi-même ou nulle présence ne peut être la bienvenue.

Si son visage semblait à présent détendu, éclairé d'un sourire paisible, son regard portait les encore les infimes traces de son combat intérieur. Comme tous les survivants de ce jour, il avait assurément mesuré l'horreur du prix de la victoire, une horreur telle qu'elle peut faire vaciller les convictions les plus fermement ancrées au point de se demander si le prix exigé donnait encore un sens à ce qui semblait pourtant aller de soi.

Mais encore delà de ce tourment, dansait dans ce regard quelque chose qui envahissait tout son être, quelque chose qui avait poussé Eggour sur les chemins et qui avait fait qu'il avait rencontré la Communauté et en était devenu membre. Si l'Elfe avait perçu cela aussi sûrement qu'il percevait la pâle clarté des étoiles, il savait aussi que la quête d'Eggour ne pouvait être résolu que par lui-même. Tout au plus, l'elfe pouvait-il dans une moindre mesure faciliter sa recherche.

Alors qu'Eggour s'approchait du groupe, Finaël prit les devants et salua l'homme d'une voix particulièrement douce et chantante :

- Vous voici de retour parmi nous, ami...

Tout en prononçant ces paroles, il vint à la rencontre d'Eggour et subtilement par un jeu d'attitudes l'incita à faire quelques pas à ses côtés. Non pas que ses paroles devaient demeurées secrètes mais tout simplement par respect et pour montrer qu'il s'agissait d'un dialogue qui ne concernait qu'eux.

- Eloignons-nous quelques instants de cet endroit où tant de braves périrent...

Par ces quelques mots, l'elfe disait tout simplement qu'il partageait l'horreur qu'avait ressentie Eggour. Ils marchèrent donc un peu sans qu'il soit nécessaire de parler. Parvenus sur une petite éminence, ils firent halte. Le vent soufflait suffisament fort sur cette hauteur pour agiter leur vêtements qui flottaient dans ce souffle purificateur. Ils restèrent un long moment silencieux, l'homme attendant que l'elfe prenne la parole. Ce qu'il fit peu après.

- Voici venu le moment de nous séparer pour un temps et de retourner vers les horizons qui sont les nôtres...

Il laissa passer quelques instants puis reprit :

- Je doute ami que vous ayez l'intention de retourner de suite vers vos lointaines contrées du sud et j'ignore les projets qui sont les vôtres...Pour ma part, je vais faire route vers l'Ouest sans tarder mais si vous n'avez pas d'asile, je vous propose de faire route avec moi ou de me rejoindre quand bon vous semblera...

Eggour silencieux, écoutait attentivement l'elfe sachant qu'il n'en avait pas encore terminé.

- Je serai heureux de vous accueillir et si pous pouvez trouver un peu de paix et une quelconque aide à propos de ce qui vous concerne, j'en serais heureux. Il est possible qu' aux Havres Gris vous puissiez recevoir quelques lumières utiles. Et si d'aventure, vous vouliez découvrir quelques arts nouveaux, comme celui du tir l'arc, si vous désiriez en savoir plus sur notre peuple ou sur l'Histoire d'Arda, mes frères seraient heureux de contribuer à répondre à vos désirs.

Alors qu'Eggour s'apprêtait à répondre, l'elfe l'interrompit en levant la main avec un sourire :

- Prenez votre temps pour répondre, choisissez librement. C'est là l'offre d'un ami, vous pouvez la décliner en toute liberté, je n'en serai pas froissé, soyez en assuré ajouta-t-il avec un sourire complice.

Eggour répondit aussi par un sourire et dit :

- Merci pour cette offre généreuse. Je vais y songer et je vous donnerai rapidement une réponse car je devine qu'il vous tarde de prendre la route, n'est-ce pas ?

En réalité cette question n'en était pas une, Eggour ressentait fort bien l'impatience, curieuse pour un elfe tout de même, de retourner vers les siens. Finaël n'en était pas dupe et répondit à ce trait amical par un simple sourire qui était un aveu.

Sans mot dire, ils s'en retournèrent tranquillement vers le camps et leurs compagnons.

*********************************************************
[HRP] Pour de plus amples informations sur Ceven Galad avec des images :

---> http://perso.orange.fr/naxa/ceven/index.htm

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MessageSujet: Re: l'odeur du sang...   Dim 16 Sep 2007 - 23:36

-J'aimerai partir en votre compagnie dans un autre monde, quitter ces horreurs que nous cotoyons depuis bien trop longtemps à mon goût. Votre offre m'emplit d'une joie que je croyais avoir perdu sur ces champs de batailles mais pourtant je dois refuser, au moins pour les jours à venir. Je dois choisir entre reprendre la quète qui m'avait amenée sur ces terres, revoir le désert de mon enfance, mais que m'apporterai ce retour sinon une évocation du passé...
Je dois mettre à profit cette victoire sur le mal destructeur que nous avons, pour un temps, abattu, pour comprendre ce qui nous est arrivé et ce que je suis devenu. Je ne crois pas avoir besoin de vous expliquer qui peut mieux que personne ici me venir en aide. Je désire sans tarder prendre le temps qu'Abdelbatine jugera nécessaire et d'ailleurs, le jugera-t-il nécessaire, pour obtenir et apprendre de lui, les réponses qui calmeront mes angoisses.
Vous savez, lorsque j'étais encore jeune, vivant sur les routes de notre caravane, j'avais un temps me semblait-il infini, enfin je le pensais de cette façon, puisque je n'avais presque que cela à faire, pour méditer et comprendre les actions des gens que je cotoyais, leurs attitudes ou leurs paroles ou les phénomènes climatiques du désert, ou la couleur des animaux, que sais-je encore ? Il me semblait avoir le temps de la lune et des étoiles. En cela je comprends votre besoin d'isolement et ce plaisir, cette ressource que représente la communion avec la nature que vous réclamer autant que possible. Même loin de chez vous, vous semblez capable de retrouver cette sérénité. Ici je n'en peux plus, de cette mort puante. Je n'ai plus les repères qui me permettais, jadis, d'évacuer mes peurs. Abdelbatine est le seul pour le moment à me donner un lien vers certaines de mes sources et peut-être, surtout, je l'espère, mon avenir.

(je me permets, puisque nous sommes de la même taille, aproximativement, de me mettre face à Finaël et de poser mes mains sur ces épaules)

-Une fois encore je vous remercie de m'inviter sur la terre de vos ancêtres et de me proposer votre aide, mais je dois d'abord apprendre auprès de cet homme et seulement ensuite je pense être capable de choisir où me conduiront mes pas. Peut-être et avec grand plaisir auprès de vous. Mais mon bien cher ami, je ne peux que me confondre en remerciement devant votre proposition et surtout retenir ce geste de réconfort que vous m'apportez. Losque sera venu le moment de vos rendre visite, je sais que vous ne m'obligez en rien, je me présenterai à vous et si vous le permettez encore, je me soumettrai à votre invitation avec le plus grd des plaisirs.

Nous étions revenus vers notre communauté, où nos amis préparaient déjà leur départ pour les jours à venir.

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Finaël
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MessageSujet: Re: l'odeur du sang...   Lun 17 Sep 2007 - 1:14

Il était temps de se mettre en route à présent. Après avoir salué le plus grand nombre possible, tous ceux qu'il connaissait et auprès de qui il avait combattu, l'elfe se mit en route. Sur le point de partir, il aperçut Eggour qui lui faisait un signe amical de la main, se retournant vers lui, l'elfe lui dit :

- Bonne route ami et puissent vos pas vous conduire jusque dans l'Ouest. Veillez sur vous.

Puis regardant tour à tour ses compagnons avec un sourire amical il salua d'un bref signe de tête et il ajouta à l'intention d'Arlan :

- Nous ne serons pas sans avoir quelques nouvelles des uns et des autres.

Enfin, il se mit en route. De suite il s'élança en adoptant cette longue foulée silencieuse et élastique qu'il pouvait tenir des heures durant.
II eut été difficile d'affirmer que cette forme grise qui déjà disparaissait au loin et dont dépassait de la silhouette seulement l'empennage de grandes flèches et le haut d'un arc était le Gardien d'un refuge elfique.

Amusé, il songea que ses compagnons , tout comme lui en ce moment ne réflétaient guère dans leur apparence ce qu'ils étaient en réalité. En vérité, ils auraient tous pu passer presque pour des vagabonds, des errants.

Sans ralentir l'allure, il poursuivit sa longue course qui le ramènait vers l'Ouest.

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MessageSujet: Re: l'odeur du sang...   Mar 18 Sep 2007 - 12:30

Je le regardais couler sa course vers le couchant, silencieusement et régulier, l'infatigable esprit de cette nature qu'il avait défendu face à cette humanité destructrice. Je le saluais et me promis d'aller au plus tôt lui rendre visite, la curiosité de découvrir son monde me taquinait maintenant et je me sentis soulagé de retrouver en même temps ce besoin d'explorer qui m'avait poussé à quitter, depuis quelques temps maintenant, mes chères dunes de sables. Avais-je déjà oublié ces heures macabres passer à taillader l'ennemi ?...

Nos départs successifs marquaient donc la fin de ces aventures, des tensions et des peurs, veiller les uns sur les autres, veiller sur sa vie constament, courir sans cesse au devant de la mort, mais en fin de compte être encore là pour constater ce résultat, la rançon de nos efforts et surtout ce formidable pouvoir, que nous avons eu, de rallier ces peuples en une seule unité pour l'avenir de tous. Je ne mesurais pas encore l'importance de ce résultat face à nos souffrances passées, mais elles ne faisaient déjà plus parties de ma réalité. Je me régalais du plaisir d'assister à une séparation sans pleurs, chacun partait heureux, de son côté. Etaient-ils tous aussi content que moi de reprendre enfin leur existence en mains ?

Arlan nous salua et rejoignit son armée. Je n'étais pourtant pas surpris de le voir en cette livrée, il montrait maintenant la noblesse de son esprit au regard de chacun et portait haut et dignement la valeur de son courage. Nous avions eu des échanges verbaux quelque peu houleux sur ce sujet, bien loin maintenant et sans plus aucune importance aujourd'hui, mais ce que j'avais pensé à cette époque sans arriver à m'en expliquer devant lui, ne m'étonnait aucunement. Je lui voyais depuis si longtemps la stature d'un roi qu'il pouvait enfin porter sans honte. J'étais fier, d'avoir appris auprés de lui, le courage et l'abnégation. Je pensais déjà au jour où nous nous reverrions... Tournant les talons, je le saluais silencieusement comme un ami que je serais heureux de retrouver mais sans grande conviction, je m'en rendis compte également, je croisais les regards de Gunard et du petit Théo et me sentis soudain exaspéré par toute cette mélancolie et cette situation oppressante, et que je trouvais d'un coup ridicule. Mon esprit chavirait encore, je me sentais encore partir au delà de mon corps. J'eu à peine le temps de leur sourire et silencieusement de leur adresser un amical au revoir et je m'échappais rapidement de cette assemblée, courant, titubant, bousculant vers un recoin de cette forteresse où personne ne me dérangerait. Je m'écroulais et fermant les yeux dans un bouillonement de ma cervelle, qui pourtant ne me surprenait déjà plus, revis ce désert, noirci, fumant, quelques bêtes déambulant entre les débris de ce qui avait dû être une oasis, des corps calcinés méconnaissables. Comme à mon habitude, je survolais cette scène de destruction, mais sans ressentir le moindre esprit maléfique et je vis soudainement, à l'horizon, cette magnifique montagne de glace, noire, un halo merveilleux rendait ce diamant plus brillant que ne l'avait été ce "coeur" de la terre que j'avais pu tenir entre mes mains. Et son attraction devint irréversible, incontournable et je la compris dangeureuse et pourtant je ne refusais pas son attirance, je ne cherchais même pas à me dérober... un souffle puissant et glacial coupa mon élan et je rouvris les yeux. Abdelbatine se tenait devant moi et sans l'ombre d'une émotion sur ce vieux visage, il m'aboya de le suivre sans plus attendre, sans la moindre considération pour mon état et lui aussi je ne pouvais m'empêcher de le suivre. Nous quittâmes discrètement les lieux et je sentais mon avenir serait plus mouvementé que ce que nous avions connu sur ces champs de batailles...

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