Destins étranges en Terre du Milieu


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 Un matin sur les docks de Tharbad.

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Khior
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Date d'inscription : 07/09/2005

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MessageSujet: Un matin sur les docks de Tharbad.   Lun 3 Oct 2005 - 12:59

Je vous l'avais dit, avant de vous rejoindre pour de nouvelles aventures, j'ai mis à profit ce repos de quelques jours dans les rues de Tharbad, pour en comprendre son fonctionnement et essayer de comprendre vos mentalités du nord. Et puis ces pensées permettront à d'autres de nous comprendre, et à certains de nos visiteurs et peut-êtres à vous aussi mes compagnons, de me comprendre davantage que je ne vous l'ai permis jusqu'à aujourd'hui...

... Encore un matin, au bout du couloir, et ce couple, insatiable, éveillent leur chaire et, au passage, les murs fins de l’auberge. Je me réveille et je te bouscule, euh non je descends déjeuner et je retrouve comme chaque jour à cette heure les quais de la ville. J’abandonne les fenêtres du gouverneur et je retrouve aujourd’hui les docks et leur ambiance chaudes et brutales.
Ces quais sont en quelque sorte devenus mon jardin de promenade matinale. La fenêtre de ma chambre donne juste sur les berges maçonnées de la rivière, sur ses courants un peu huileux, ce matin. Bizarre, habituellement ils remuent davantage les bateaux, même à cette heure très avancée de la matinée et viennent clapoter prétentieusement les vielles maçonneries crasseuses
Je déjeune rapidement, très peu et très vite et viens avec grand plaisir observer cette première vie s’éveiller sur les pavés glissants des docks. J’aime venir admirer ces colosses aux chaires brunies et patinées par cet air poussiéreux. J’aime ce balais de muscles moites ou humides, décharger et charger les bateaux, les chariots et les entrepôts presque sans font. J’aime le bruit régulier des caisses sur le sol, des cris gueulés pour avertir, pour ordonner. J’aime observer ce mouvement perpétuel qui se met en place d’abord en une petite routine où l’on n’entend plus que le frottement des caisses et des sacs de marchandises, qui atteint ensuite brièvement une excitation extrême ponctuée du cris suraiguë d’un petit bonhomme roux, rondelet avertissant rapidement de la fin imminente des activités. Je ne comprends pas encore très clairement leurs différents langages mais je comprends maintenant ce rituel et cette signification suffit grandement. Il me plaît seulement d’observer cette belle « mécanique d’horlogerie ». Chaque matin, ou bien dès que j’ai pu le faire, je me suis réjouit de venir les observer, les admirer. Grâce à eux, à leur force et à leur entrain matinal, la deuxième vie de cette journée ne m’a pas pris au dépourvu. J’ai déjeuné de cette force qu’ils exaltaient et ils ont donné la vie, aux autres, sur le marché…
Après ce cris, du petit bonhomme roux, disais-je, une heure environ reste aux dernières barges, aux derniers rangements, aux derniers nettoyages et lorsque le dernier dockers quitte la place, propre et calme redevenue, on imagine seulement la rumeur de quelques ombres agitées par les courants d’air frais de la rivière. Le tumulte s’engage alors, quelques rues après, et pollue vite ce calme revenu.
Ce matin en particulier, le ciel était bas, l’horizon très orangé, presque enflammé et pourtant la disque solaire se cachait, encore intimidé par les cris et les craquements des embarcations. Un voile brumeux, bas, couvrait la rivière et me laissait une impression d’étouffement. Les lueurs orangées dessinaient des volumes féminins sur ce drap de soie comme les fabuleuses rondeurs mœlleuses d’une belle guerrière haradrime… Il est temps, ce me semble, d’aller relever de ces fonctions, ce cher jeune homme de « mon » auberge…
Je remarquais vite le calme inhabituel des dockers, moins de bateaux, moins de chariots, moins de marchandises et cette effervescence asphyxiée m’intriguaient. Soudain une milice et sur le fleuve, une galère. Je compris rapidement les raisons de ce calme inhabituel. Une galère de taille moyenne, d’aspect plutôt délabrée, grinçante, accosta à une quinzaine de mètre de moi. D’ailleurs, je remarquais à ce moment là que personne ne m’avait justement remarqué et que personne du reste ne faisait attention au visiteur que j’étais. Une milice un peu débraillée accueillit les quelques esclaves, hommes et femmes, de grandes tailles, blancs et blonds, nues et quelquefois légèrement blessés, en tout quinze prisonniers enchaînés les uns aux autres empruntèrent cette passerelle vermoulue que l’humidité rendait glissante au-dessus des eaux troubles de la rivière. Ils furent pris en charge et conduits prestement mais sans brutalité, vers, il me semble, la prison de la maison du gouverneur. La guilde des commerçants comme celle des nobles était présentes au débarquement, prenant certainement quelques renseignements sur les nouveaux arrivants. Dans quelques heures, ces hommes et ces femmes arrachés à leur vie précédente s’exhiberaient en public, contre eux-mêmes, et pour l’intérêt de quelques acheteurs. J’imaginais en même temps ce qu’avait pu vivre ma mère en son temps. Il ne me restait plus qu’à retracer son parcours pour savoir qui j’étais. Cela faisait tout de même une petite dizaine d’années que je m’efforçais de retrouver mes origines et je n’avais vécu que la moitié de mon périple. Je n’enviais pas leur situation, mais que pouvais-je faire. Peut-être dénoncer leur existence, encore eut-il fallu trouver une solution de remplacement. Un esclave ne représente qu’un service, gratuit pour son « propriétaire » et comment faire comprendre à son propriétaire que s’est un homme comme lui qu’ils ne méritent pas ce traitement. Je devrais certainement, prochainement songer à critiquer ouvertement ce commerce honteux à mon goût mais ordinaire à leurs yeux. Les derniers chariots quittaient les quais, les derniers coups de balais nettoyaient la scène et chacun s’éclipsait dans les bars pour la plus part et commentait cette matinée, ces âmes entravées, maintenant dans leurs rues et bientôt sur leur place.
Le quartier était maintenant calme, désert et les barques de pêcheurs rentraient à leur tour au port, en contre bas de la place du marché. Un second balai commençait.
Je me levais, marchais quelques pas vers la « tôle des cotonniers », un comptoir enfumé et puant accueillait quelques dockers, un bol de terre cuite fumant d’un breuvage, bien au-dessous de tous les soupçons imaginables. Mais les rires étaient sincères et la bonne humeur tranchait radicalement avec la sueur et les efforts de l’heure précédente. Je m’assis à une table ronde, dos au mur et continuais à les observer. Enfin l’on m’aperçut et l’on me reconnut. Un homme, que dis-je, un mastodonte, n’hésita pas à me héler. Son sourire s’élargissait sur une rangé de dents noircies par leur tabac « local » et je me transportais avec plaisir à leur côté et trinqua mon bol de café avec eux. En réalité ils appréciaient beaucoup mes quelques dessins quotidiens sur la vie politique locale et prenaient plaisir à les commenter la matinée durant. Mais aujourd’hui j’étais en retard et certainement que je ne serais pas très productif en critique. Pour les remercier de leur accueil, je les dessinais en troupe, sur leur comptoir et les immortalisais dans leur repère. La fierté leur monta rapidement aux joues et leur reconnaissance m’offrait, certainement pour longtemps, leurs attentions… et les meilleurs.

Le jour, maintenant complètement lever, m’appelait en d’autres lieux plus soutenus, j’avais rendez-vous avec l’un des conseiller du gouverneur, chargé d’organiser la vie communautaire de Tharbad. Il voulait me demander un avis sur ce vaste problème d’un point de vue culturel et artistique. J’étais pourtant indépendant, mais mes critiques avaient dû certainement quelque peu influencer certaines de ces communautés et en compagnie de quelques autres observateurs étrangers, le gouverneur souhaitait que nous aidions à trouver une harmonie dans l’organisation sociale de la ville.

Je saluais chaleureusement mes hôtes et me rendais tranquillement au palais du gouverneur.
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