Destins étranges en Terre du Milieu


Jeu de Rôle en Terre du Milieu
 
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 Le jour se lève encore.

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Khior
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Date d'inscription : 07/09/2005

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Race: Haradrim
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MessageSujet: Le jour se lève encore.   Ven 28 Oct 2005 - 14:38

Nonnnnn, je cris, je pleure, dos au mur, je ne veux pas être brûlé par cette lave, noyé sous cette vague orange. Pourtant je sens déjà ses gouttes brûlantes fouetter mon visage. Mais que puis-je faire, je me sens bien seul maintenant et je ne peux que regarder ce monstrueux rouleau m’engloutir. Mais bizarrement avant de sentir l’écume bouillante au fond de ma gorge, je me retrouve au calme, assis, les pieds dans le vide, sur les remparts de la ville à quelques créneaux de la porte Est. A une quinzaine de mètres en contre bas, ce serpent vertigineux s’engouffre comme aspiré par les entrailles de la ville. Et lorsque je lève les yeux vers l’horizon, vers les montagnes au loin, j’imagine seulement le filet émergeant des rochers. Mais ce matin encore, le soleil est timide, sa couleur est bien plus fade que la vague, tout à l’heure, d’ailleurs je ne me souviens pas encore très bien comment je me suis retrouvé ici. C’est surprenant, je n’ai pas un souvenir bien précis du temps que j’ai mis pour arrivé sur ces remparts. Enfin d’un seul regard, j’embrasse toute la steppe, brumeuse, vaporeuse plutôt, comme hier sur le quai, je crois, les prairies hérissées de buissons, de ronces peut-être, quelques arbres aussi le long de la rivière, longilignes, hauts. Ce brouillard rose parfumé de cette terre humide et brûlée de la veille. Je distingue parfois la cime de ces grds arbres flotter au dessus de voile cotonneux. Quelques voyageurs, commerçants certainement, mercenaires évidemment, leurs caravanes rampent doucement vers nous apparaissant et disparaissant au gré des nuages. Aussi loin que mes yeux puissent porter, je vois les montagnes déverser cette mousse dans cette vaste plaine. Le calme est étourdissant, les rumeurs de la ville sont encore très faibles mais pourtant même en début de journée, ce repos est agréable.
D’ailleurs en observant de plus prêt et sans vraiment comprendre immédiatement, je remarque que l’agitation des rues commerçantes pour le peu que je puisse en voir, est celle d’une après-midi de foire, un début de semaine, chacun visite les stands, s’informe des nouveautés, des nouvelles peaux venus du nord, des bijoux en bois noir et argent de mon peuple, des tissus multicolores des montagnes… les gens courent, se bousculent, les bouches s’ouvrent interminablement et pourtant les cris que je devrais entendre aisément, sont comme assourdis, atténués. Comme s’ils ne venaient pas directement vers moi, mais faisaient quelque promenade dans les rues encore un peu désertes. J’essais de tendre l’oreille mais rien de mieux. Et cette agitation silencieuse me ravis, je ris de voir le boucher, il me semble, courir derrière sa volaille volatile. Et c’est le vol d’une chevelure rousse qui accroche mon regard sur un tissu de lin rayé de vert, de orange et jaune pastel, délicatement posé sur ses épaules et ses beaux seins ronds. Je crois mêmes voir la couleur de ces yeux. Et un sourire. Et un clin d'oeil... Au-delà d’elle, je ressens les coups de fouet sur ces peaux blanches et ces cheveux blonds. Mais je croyais qu’ils avaient déjà été vendus, hier après-midi… Soudain, un craquement infernal m’arrache à ma rêverie et sur les docks, je vois deux embarcations ressemblant vaguement à des gabares s’enchevêtrer l’un dans l’autre. Pourtant je trouve qu’il est tard dans cette matinée pour que les docks soient encore aussi mouvementés. Et puis cela me fait rire sur le coup, une troisième embarcation, une galère de haute mer, vient écraser les deux « mariées ». C’est marrant, elle ne les avait même pas vu, mais au fait que fait-elle ici sur cette rivière, elle est faite pour le large, ces flans rasent presque les berges, elle ne pouvait pas les éviter !!! Et puis soudain, je me rends compte que depuis mon observatoire, je vois ce qui se passe sur les docks, à l’Ouest de la ville, alors que tout à l’heure, le bruit des docks venait de ma droite, et en même temps que les docks je vois ce qui se passe sur la place du marché, mais je me rappelle aussi que le marché ne présentait jamais ses stands mélangés, il y a tjrs eu un carré pour les viandes, un carré pour les tissus, le marché aux esclaves. Et je vois maintenant, dans la cour du palais du gouverneur, quelques tables sur lesquels, accoudés, buvant une mixture verdâtre, j’entends les rires gras des dockers me saluant, mais comment me reconnaissent-ils, ils devraient être sur les quais justement. Et ces mêmes quais sont déserts au coup d’œil suivant. Je tourne la tête et la place du marché est vide, la cour du palais est plate, pavée et grise. Je sens mon cœur battre, je l’entends maintenant, au tempe il demande à sortir, mes mains le retiennent, elles serrent, aussi fort que possible, pour me garder en vie, je n’ai que cela, je suis nu, j’ai froid et ma tête me fait mal, je vacille, je titube, en me retournant, les montagnes ont disparue, la rivière seule reste sous mes pieds, plus de muraille, plus de ville et cette couleur orange envahit mes yeux, je vois orange, tout autour de moi est orange. Je ferme les yeux et la muraille, sous mes pieds, étroite, mon cœur ne fait plus de bruit, il est encore là mais silencieux, je marche et le chemin de ronde se rétrécit, je suis énervé, je me rappelle certains rêves où plus j’avance et plus ce maudit chemin se rétrécit. J’avance encore en sachant bien que ce chemin disparaîtra et il disparaît, je m’accroupis pour ne pas tomber de trop haut et le chemin de ronde me rattrape. J’aperçois mon auberge, sur le quai et c’est elle qui bouge, mais elle s’éloigne, je cours à sa poursuite et je sens cette grde aspiration derrière moi, ce souffle et cette ombre venue cette fois de l’est, noire et froide terrifiante, je recule en perdant pied me protégeant inutilement du bras je sens ses crochets pénétrer ma peau, un cris lugubre déchire ma gorge et je sens ma tête tomber et se séparer de mon corps. Et cette douleur qui résonne dans mon esprit, me réveille en sursaut. Je suis étalé sur le sol de ma chambre, ma tête a heurté la table de chevet et le soleil s’est invité dans la pièce. Sa couleur brûlante augure une journée bien chaude. Mais les docks sont encore agités, quelle heure est-il ? Le couloir est calme, peut-être vide, l’escalier menant à la salle à manger est poussiéreux, d’ailleurs la salle semble vide. Je m’engage et tout bascule, je tombe dans le vide me rattrapant in extremis... au rebord de la fenêtre de ma chambre. En bas sur le quai les hommes m’encourage à sauter, ils sont prêts à me rattraper. Je lâche, mais où suis-je, suis-je vraiment réveillé cette fois, les sons me parviennent normalement, le soleil ne m’éblouit pas, et les gens ont peur pour moi, aux fenêtres et je sens des bras puissant se saisir de moi et me déposer délicatement sur le sol.

L’absinthe ne me réussit guère…
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