Destins étranges en Terre du Milieu


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 Ma jeunesse disparaissait dans mes dunes...

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Khior
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Date d'inscription : 07/09/2005

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Race: Haradrim
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MessageSujet: Ma jeunesse disparaissait dans mes dunes...   Mar 13 Déc 2005 - 12:36

Biographie.

Chapter triste…


J’avais 20 ans et je voyais le temps défiler, enfin, j’en prenais conscience et je sentais que de plus en plus ma vie ne pouvait continuer ici dans l’indifférence des dunes de sables. J’aimais et mon père et mes mères, mais je ne me sentais plus à ma place, au milieu d’eux. L’évidence que je n’étais pas d’ici me sautait au visage, que ces routes de poussière, ces îles de verdure perdues entre les tempêtes de sables n’étaient pour moi qu’un décors. J’y jouais un petit spectacle. Nous avions vu un jour, après nous être installés dans une oasis, près de Aguel’Hoc, à quelques 300 Kms au sud de Umbar, ce qu’Alladi avait appelé un spectacle. Quelques hommes et femmes, debout sur des planches de bois nous avaient raconté quelques histoires survenues à Umbar. Ils mettaient en scène des militaires, avec leur commandant, un petit homme rondouillard, aux joues rouges et luisantes, la tête à moitié couverte d’une coiffe cylindrique haute d’une trentaine de centimètre, couverte de plumes de toutes les couleurs. Il marchait sur les bas de ses culottes et d’ailleurs je fus surpris qu’il soit ainsi vêtu. Une veste trop grande, pourtant parfaitement boutonnée complétait son uniforme. Moi qui portais une longue chemise de lin bleu ciel sur un maillot et une culotte écrue, je le trouvais amusant et j’enviais peu à peu le respect qu’il recevait des autres personnages. Mon père m’expliqua succinctement qu’il s’agissait « d’artistes », des gens comme lui et moi, dont c’était le métier de faire rire les gens, de commenter les évènements qui se déroulaient dans le grandes cités comme sur les routes des voyageurs, et de les transmettre, autant qu’il le leur était permis, à ceux qui voulaient bien les écouter. Alors je ne comprenais pas pourquoi eux ne faisaient pas comme les conteurs que nous avions l’habitude de rencontrer, ou bien les discussions que nous avions parfois entre caravane, le soir autour des feux, où nous nous transmettions les faits marquant des jours de voyage. Ces hommes et ces femmes remplissaient ce rôle d’informateur, mais grâce à quelques moqueries, quelques déguisements quelques exagérations et nous en rigolions tous. Ce soir là, il y avait une troupe de militaires face à un groupe d’habitant du quartier ouest du port de Umbar. Ces militaires étaient emmenés par leur petit commandant rondouillard ainsi qu’un grand échalas sensé représenter le gouverneur de Umbar. En réalité le groupe d’artistes n’était composé que de six personnes, 3 femmes et 3 hommes et donc pour donner l’illusion du nombre, le spectacle présentait un jeu de décors mouvant qui laissait l’assemblée admirative. Le mouvement de va et vient des personnages en bois et les bruits qu’ils faisaient en raclant le sol donnait parfaitement l’illusion d’hommes en armes. Je remarquais au passage que cette assemblée, justement, ne paraissait pas effrayée par cette troupe. Moi je la voyais pour la première fois et j’étais naïvement ébahi. Le spectacle commentait un différent sur la démolition de logements. Les militaire étaient chargés de faire appliquer la décision du gouverneur et les habitants voulaient, eux conserver ce bâtiment parce qu’il représentait leur histoire dans ce quartier. Le gouverneur voulait récupérer l’espace pour agrandir le port. Les habitants avaient été mis dehors sans ménagement, ils étaient tous issus de l’immigration haradrim, le gouverneur, lui, était un vague descendant des premiers fondateurs de Umbar. Il était grand et très mince, blanc au visage maigre. Son front plat et lisse était surmonté d’une chevelure noir et raide parfaitement taillée. Il avait des yeux si petits et si enfoncés que l’on aurait cru qu’il était aveugle. Son visage se terminait par un menton pointu hérissé ça et là de quelques poils de barbe noir. Il avait des sourcils fournis pointus au dessus des yeux. Et toujours ce sourire jusqu’aux oreilles quoiqu’il dise. Cet homme souriait toujours quoique disent ces interlocuteurs sur la scène. Il parlait sans arrêt interrompant, soûlant et les autres artistes et nous, qui tentions aussi de comprendre ce qu’ils disaient. Il promettait des relogements immédiats… soutenus par sa milice du moment mais se heurtait au refus d’obtempérer des habitants. Ceux-ci voulaient coûte que coûte, conserver leur lieu de vie et préféraient une rénovation, proposant en contre partie, de grignoter cet espace, tant désiré, sur les grandes places de l’autre côté du port, dans le quartier des armateurs de commerce. Ce fut un jeu de course poursuite entre les arguments économiques et sociaux de la part du gouverneur, restant très évasif sur le confort des futurs ex-habitants et les refus et les moqueries de ces dits habitants à l’encontre des représentants de la ville. Ce fut au tour du gouverneur de menacer violemment du règlement du différent et ce fut au tour, ensuite des habitants d’implorer la bienveillance du gouverneur. Les habitants renchérirent par des propositions de relogement infaisables dans les quartiers du palais du gouverneur, faisant éclater de rire l’assemblé sous le regard déconfit du propriétaire des lieux. Vinrent les menaces militaires et la rébellion populaire, égratignant le joli nez rose du commandant… Les spectateurs, une fois encore, se mêlèrent aux débats et la milice bâtit en retraite…
Ces spectacles étaient mis en place chaque soir par ces artistes sur le lieu de bivouac. Ils transportaient ainsi les nouvelles des autres territoires du Harad. Et divertissaient les voyageurs. Nous suivions ainsi l’évolution des querelles entre tribus, autant qu’elles pouvaient être rapportées, nous étions tenus au courant de la vie de notre capitale.

Lorsque nous étions arrivés à Aguel’Hoc, notre voyage touchait à sa fin. Il nous fallait ensuite retourner sur Umbar. Bien que nous n’étions pas une caravane comme les autres, hiérarchisées, organisées, nous devions fonctionner comme les autres, voyager, acheter ou fabriquer pour ensuite revendre et enfin vivre de ces gains. Beaucoup de caravanes, lorsqu’elles étaient capables d’arriver sur les marchés de Umbar, sans encombre, pillages, agressions, vendaient leurs marchandises. C’était en général les plus grosses caravanes qui y arrivaient, celles constituées d’au moins 5 ou 6 familles. Les autres, plus petites, se contentaient d’arrivé jusqu’à Manaka. Presqu’aux portes de Umbar, ce village nous permettait de vendre nos acquisitions à bon prix et d’être sûr d’en gagner un bénéfice. Jusqu’à Umbar, en général, nous risquions l’affrontement et les pillages et nous devions ensuite nous acquitter d’un péage aux portes de la ville.

J’appréciais davantage ce retour, pour les paysages, nous étions plus proche de la côte, à quelques 150 kms, en sortant de Aguel’Hoc, et à moins de 50 kms, en arrivant à Manaka. Mais nous sentions le vent de l’ouest, plus frais, plus salé, plus humide. Le terrain était plus rocailleux, plus plat. Et chaque soir je pouvais admirer l’astre solaire, brûler et fondre sur l’horizon. Il prenait tous les tons du jaune éclatant au rouge bouillonnant, couleur de lave. Il était enfin vaincu après une journée de torture. En fin d’après midi, vers l’heure du thé, il brûlait encore un peu mais en biais, piquant encore un peu les peaux découvertes de ses aiguilles dorées. Et ensuite tout allait très vite, comme s’il perdait l’équilibre, comme si une main invisible le décrochait, il tombait irrémédiablement et allait s’allonger sur la ligne de l’horizon, comme un fruit trop mûr, il tombait, s’éventrait, s’aplatissait et pfuite, disparaissait. J’assistais chaque soir à son agonie. Et chaque matin, c’était lui qui venait caresser nos paupières et nous envelopper de sa douce chaleur. Mais ce plaisir ne durait pas et les journées toutes aussi harassantes se succédaient et nous rentrions sur Umbar. Quelques années de plus et je prenais de l’âge et mon étouffement augmentait, je ressentais encore un peu plus le besoin de partir, mais je ne m’expliquais pas cette envie de tous les quitter. Je vivais assez heureux, je ne manquais de rien. Mais ces boucles sur ces terres désertiques, mois après mois, m’arrondissaient l’esprit, je ne voyais pas mon avenir dans ces caravanes, sur ces routes, dans ces villages, sous ces tentes. J’avais 27 ans, lorsque mon père se rendit compte de mon état et il m’annonça, un matin, alors que nous quittions Essoukh, pour nous rendre vers le sud, que je faisais mon dernier voyage, puis il ne m’adressa plus la parole de la journée. Nous devions, chacun savoir de quoi il s’agissait, pourquoi cet attitude et il devait certainement réfléchir à ces derniers jours de voyage. Il ne se passa rien de particulier à propos de nos petites transactions, nous nous sommes beaucoup fournis en bijoux d’ébène et d’argent, mes mères m’offrirent un collier, simple croix inversée composée d’un corps central en ébène cérusé, poli et bombé et de quatre extrémités pointues, au sommet plantée dans de très fines billes d’argent. Elles m’ont dit, en me l’offrant que cette croix me protègerai des Djinn. Sur le coup j’en souriais et ne fit pas le rapprochement avec ce que m’avait dit mon père quelques années plus tôt. C’est il y a quelques jours que je commençais à comprendre de quoi il pourrait s’agir, mais plus tard…
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