Destins étranges en Terre du Milieu


Jeu de Rôle en Terre du Milieu
 
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 Une couronne pour Kaëra

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Finaël
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Localisation : Ceven Galad
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Feuille de personnage
Race: Elfe
Classe: Archer
Age: 1 000 ans

MessageSujet: Une couronne pour Kaëra   Mer 9 Juin 2010 - 2:49

La nuit était déjà bien avancée. Beaucoup dormaient déjà et les autres s’en allaient d’un pas ensommeillé rejoindre leur couche.

Seul l’elfe ne succombait pas au sommeil et se tenait non loin du campement. Sans doute contemplait-il les étoiles. Ce qui est sûr, c’est que la caractéristique de sa race qui lui permettait de se fondre dans le décor naturel semblait depuis quelque temps se développer dans des proportions hors du commun.

Il était difficile de dire si c’était par l’attitude, la posture ou quelque invisible magie mais toujours est-il que quelque soit l’endroit où il se tenait, il était comme happé par le décor, comme si la nature elle-même jetait sur lui une sorte de voile qui le rendait indétectable.

En vérité il n’était pas vraiment caché mais tout simplement, on ne le voyait pas, comme s’il n’était pas là.

Cette faculté était assez troublante pour ceux qui le côtoyaient de près et il était assez difficile de s’y habituer. Kaera qui avait constaté ce phénomène, savait qu’il lui fallait rester vigilante et ne pas le perdre des yeux si elle voulait le rejoindre.

D’autant plus que la nuit amplifiait évidemment ce phénomène pour des yeux humains.

En effet, elle avait projeté de rejoindre Finaël la nuit tombée, quand tous dormiraient, pour lui parler en toute tranquillité. Elle venait sans arrière-pensées car cela n’était pas dans sa nature et quand bien même un demi-rêve égaré lui avait fait miroiter l’amour d’un tel être, elle s’était vertement rabrouée intérieurement. Qu’est-ce qu’un elfe tel que lui, âgé de plus de dix siècle pourrait faire avec une « gamine » comme elle ?

En vérité, elle ne connaissait guère les elfes mais elle devinait que Finaël semblait s’être lié d’une façon très particulière avec la Terre, comme si ce lien excluait toute autre forme d’attachement profond.

Quoiqu’il en soit, elle avançait vers lui cette nuit, pour goûter la simplicité de sa présence et lui confier quelques mots. Elle était concentrée et ne quittait pas des yeux la silhouette floue, car elle savait qu’un seul moment d’inattention lui serait fatal et qu’elle serait ensuite dans l’incapacité de le localiser et donc de le rejoindre.

Elle marchait prudemment quand son pied heurta une pierre qui la fit trébucher. Elle perdit l’équilibre et dut faire quelque pas précipités pour tenter de le retrouver sans chuter lourdement.

Elle y parvint. Néanmoins quand elle releva la tête, évidemment, il n’y avait plus l’ombre d’une présence elfique.

Agacée par son échec et sa maladresse, elle bougonna quelques mots de mécontentement envers elle :

- Quelle sotte je fais ! Voilà, maintenant je l’ai perdu et je n’ai qu’à rentrer au campement.

Elle s’apprêtait à rebrousser chemin quand cette voix chantante qu’elle connaissait si bien l’interpella.

- Qu’avez-vous donc perdu, Gente Dame, qui vous dépite tellement ?

Elle refréna un sursaut de surprise en entendant cette voix si proche. Décidément, l’obscurité était trompeuse, et lui avait fait perdre la notion des distances. Elle se concentra à nouveau sur la voix qui venait de lui parler. Pleine de déférence et de respect, on ne savait jamais pourtant s’il n’y résidait pas une trace infime d’humour.

Se guidant avec le son, elle essaya de localiser celui qui venait de lui adresser la parole. Il n’était qu’à quelques mètres, 5 ou 6, tout au plus. La nuit était relativement claire puisque les étoiles étaient visibles pourtant elle ne parvenait à situer avec précision où se tenait l’elfe. Elle scrutait intensément l’ombre dans la direction de la voix sans parvenir à un résultat convaincant.

Soudain il fut là, devant elle, avec ce visage paisible, où l’on croit deviner la naissance d’un sourire sans en être certain. On aurait pu lui donner une vingtaine d’années selon les critères humains. Mais quelque chose d’indéfinissable dans l’attitude et le regard démentait cette apparente jeunesse.

Ses traits étaient fins, à l’instar de ceux de sa race, mais il y avait une finesse presque féminine.

- Est-ce donc moi que vous cherchiez, Dame Kaera ?

Elle acquiesça d’un bref hochement de tête, sentant une fois encore le rouge lui monter aux joues. Mais pour une tout autre raison cette fois. Il avait du très nettement voir, en elfe qu’il est, toutes les simagrées dans la nuit pour tenter de d’apercevoir quelqu’un qui se tenait debout à quelques mètres d’elle. Elle avait du particulièrement avoir l’air stupide.

Comme s’il avait deviné la raison de son embarras, ce qui d’ailleurs ne l’aurait pas étonné outre mesure, il la conforta :

- Difficile de repérer quelqu’un dans une telle obscurité, n’est-ce pas ? Surtout quand il s’agit d’un elfe vêtu d’une cape confectionnée par les siens.

Il justifiait ainsi son errance, sa quasi cécité dans la nuit et son incapacité à le détecter. Avec tact et courtoisie, il la replaçait dans une situation plus confortable pour aborder un échange. Elle décida soudain de laisser de côté toutes ses maladresses, toutes ses confusions pour se livrer entière et simplement. Elle savait que Finaël l’aimait et l’appréciait pour ce qu’elle était et qu’il ne tirait aucun plaisir à la diminuer d’une quelconque façon.

- Oui, je vous cherchais Finaël, avec difficulté, je dois l’avouer…

Sa phrase fut interrompue par un petit rire étouffé qui naissait au sujet de sa propre personne : elle se revoyait tâtonnant dans le noir, incertaine, trébuchante. Quel immense plaisir que de savoir rire de soi-même, quelle libération.

- Pardonnez ce rire qui n’a pour sujet que moi-même et mes maladresses cumulées dans l’obscurité.

L’elfe ne commenta nullement ces maladresses dont il était question mais ajouta simplement, à peine plus fort qu’un murmure :

- Il est bon de vous entendre rire Dame Kaera.

Sa voix était sincère, totalement. Elle n’ajouta rien mais reprit :

- Je vous cherchais car je voulais échanger quelques paroles avec vous…à moins que je vous ne dérange ?

- Pas le moins du monde, Dame, je peux aisément détourner mon regard des étoiles pour vous contempler.

De nouveau il avait repris ce ton à la fois respectueux et nuancé d’un tendre humour.

- Vous avez le don de me faire rougir Finaël, heureusement que cette fois-ci l’obscurité est de mon côté…encore que…pour un elfe, ça ne doit pas changer grand-chose, je me trompe ?

- Non, vous êtes assez proche de la vérité.

- C’est d’ailleurs à propos de votre faculté à me faire rougir que je viens vers vous, ce soir. Entre autre. Car je crois que j’aime tout simplement être avec vous.

- Je suis touché par votre franchise et par la nature des sentiments que vous éprouvez à mon égard, répondit l’elfe.

Kaera poursuivit dans ses propos. Maintenait qu’elle avait amorcé ce dialogue avec franchise et simplicité, tout lui paraissait beaucoup plus évident.

- Appelez –moi Kaera, simplement. Je viens vous présenter mes excuses. Quand vous m’avez remis si gentiment cette couronne de fleurs, je n’ai pas eu l’esprit de trouver quelques mots de remerciements tant j’étais émue.

- Je le sais fort bien Kaera et j’ai bien compris la raison de votre silence. A mon tour de m’excuser de vous avoir mis en si fâcheuse posture. Ce n’était pas là mon but, évidemment. Et pour vous aussi, Finaël suffira.

- Soyons donc pardonnés l’un et l’autre, dit la femme avec un sourire joyeux.

L’elfe acquiesça à cette proposition en souriant à son tour.

- Il y a autre chose que je voulais vous demander…Puis-je ?

- Ne sommes-nous pas là comme deux amis ? Marchons un peu, voulez-vous ? Poser votre bras sur le mien si vous avez peur de trébucher. Je serai votre guide dans la nuit.

Il prononça cette dernière phrase avec un ton très particulier qui laissait entendre que cette phrase était lourde de sens ou à plusieurs sens. Elle avait la nette impression, qu’une fois encore, il la précédait dans les propos qu’elle allait tenir. Elle fit donc quelques pas en silence aux cotés de son ami, la main posée sur son bras, méditant sur les propos entendus. Il ne fit rien pour la sortir de sa réflexion. Au bout d’un moment, elle reprit la conversation :

- Je voulais vous demander le sens du nom que vous m’avez donné au moment où vous m’avez offert la couronne de fleurs. Car ce nom signifie quelque chose, j’en suis sûre.

- En effet, Kaera. Ce nom signifie « Celle qui a marché sur le seuil de l’abîme ».

Elle stoppa sa marche et Finaël en fit de même, quasiment de façon simultanée comme s’il s’était attendu à cette réaction. Elle resta un long moment silencieuse puis elle n’ajouta qu’un seul mot :

- Merci.

Tout avait été dit dans ce long silence, tout ce que les paroles n’auraient pu exprimer.

Ils marchèrent ainsi longtemps dans la nuit, l’elfe conduisant l’humaine par des chemins inconnus d’elle, en silence. Quand il finit par s’arrêter, elle distingua non loin un feu de camp mourant et s’aperçut que la fatigue l’avait rejointe. Finaël l’avait ramenée au camp après un long détour.

- Il va être temps pour vous de prendre quelques repos, Kaera.

- Merci pour ce moment passé ensemble, Finaël.

- Ce fut un plaisir, vraiment, répondit-il.

- Vous êtes…comme des frères pour moi, comme une lointaine famille que j’avais perdue et qu’enfin je retrouve. Je n’ai pas encore trouvé les mots pour remercier Gunard de m’avoir une fois encore sauvé la vie.

- Cela viendra Kaera. Gunard vous aime beaucoup et tout comme moi il devine beaucoup aussi. Il sait ce qu’il y a dans votre cœur…en partie du moins.

- Que voulez-dire Finaël ?

- Je dis ce qui est. Une partie en vous demeure cachée, déchirée. Il vous appartient de choisir Kaera. Ne laissez personne tracer les lignes de votre destin pour vous. Si nos chemins devaient se séparer, ne nous oubliez pas, car nous demeurerons tant qu’Arda existera.

Il laissa sa main retomber doucement le long de son corps et d’un mouvement fluide, il reprit sa marche dans la nuit en s’éloignant du camp.

Elle n’était pas sûre de bien comprendre le sens de sa dernière phrase. Toutefois quelque chose en elle, à un autre niveau de conscience, accédait à cette connaissance et une joie sourde monta en elle sans qu’elle puisse en expliquer l’origine.

- Comment pourrais-je vous oublier, vous, mes frères, mes amis ?

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